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Interview de Julien Meffre – Château du Glana – Bordeaux

Par GrandsVinsPrivés Le 19 décembre 2015

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Château du Glana, l’esprit et l’authenticité des terroirs de Saint-Julien !

Le Château du Glana doit son origine au morcellement du Château Saint-Pierre, Quatrième Grand Cru Classé en 1855. C’est en 1961 que M. Gabriel Meffre, pépiniériste renommé du Vaucluse en devient l’acquéreur. Dans les années qui suivent, il porte la superficie du vignoble de cinq à quarante trois hectares, grâce à l’acquisition successive de plusieurs parcelles appartenant au Château Lagrange, Troisième Grand Cru Classé de Saint-Julien.

Situé sur la Route des Grands Vins, entre les villages de Beychevelle et Saint-Julien, le château est aujourd’hui géré par Jean Paul Meffre, aidé de ses deux fils : Julien et Ludovic. Ils montrent de grandes ambitions à l’égard de la propriété, qui connaît depuis 1999 une progression qualitative constante sans précédent.

Julien Meffre, co-propriétaire du Château du Glana, s’occupe aujourd’hui du vignoble avec l’aide de son frère.

GVP : En trois mots, comment décririez-vous votre vin si c’était :

 Une fleur ? Elégant et enivrant

– Un fruit ? Le cassis est omniprésent

– Un parfum ? Frais et délicat

 Une musique ? Rythmé et harmonieux

– Un tableau ? Unique et coloré

– Un animal ? Racé

 

GVP : Quels sont les meilleurs millésimes pour votre vin (ou votre propriété) ?

JM : Nous avons fait de gros efforts qualitatifs à partir du millésime 2000. Les vins issus des années 2005, 2009 et 2010 sont nos millésimes incontournables…

 

GVP : Comment définiriez-vous le style et la philosophie de votre propriété ?

JM : Notre objectif est de produire des vins fins et élégants, typiques de l’appellation Saint-Julien, en respectant la matière première.

 

GVP : Un Grand Vin qui vous a marqué au cours de votre parcours? A quelle occasion ? 

JM : Château Léoville Poyferré 1983 au cours d’un diner convivial entre amis…Une très grande sensation entre un Dom Pérignon et un Pétrus !

 

GVP : Quel cépage affectionnez-vous particulièrement ? 

JM : Ce n’est peut etre pas très original mais c’est le Cabernet Sauvignon ! Grâce à sa typicité, complexité et son potentiel aromatique.

 

GVP : Un grand personnage du vin qui vous a marqué ? 

JM : Jean Michel Cazes, qui est à la fois viticulteur et entrepreneur.

 

GVP : Quel est votre moment le plus émouvant dans l’année comme gérant d’un vignoble ? 

JM : La période de vendanges est particulièrement intense, éprouvante. Lorsque les dernières grappes sont récoltées, c’est un grand soulagement…La récolte est à l’abri !

 

GVP : L’image de vos vins est-elle restée la même ou a-t-elle changée au cours des dernières décennies ? Pourquoi ?

JM : Lorsque nous sommes arrivés sur les propriétés familiales avec mon frère Ludovic (1999 et 2000), nous avons fait de gros efforts sur le vignoble (arrachages et replantations avec porte greffes adaptés au sol, travaux en vert…) pour obtenir des raisins qualitatifs et dans le meilleur état sanitaire possible. Nous avons également opté pour des techniques de vinifications nettement plus souples et une sélection qualitative des lots. Ces changements nous ont permis d’obtenir chaque année des vins fruités, d’une belle maturité et d’une qualité régulière. Bien entendu, il y a un effet millésime, mais ces efforts nous permettent de nous démarquer par rapport aux vins de notre catégorie sur les millésimes plus difficiles.

 

GVP : Le terroir de Saint-Julien expliqué aux amateurs ?

JM : Saint-Julien est la plus petite appellation communale du Médoc (env. 900 ha de vignes). Son terroir est très homogène et a la particularité d’occuper une position privilégiée puisqu’il ne bénéficie ni de conditions trop fraîches ni trop arides. Il repose essentiellement sur des sols de graves.

 

GVP : Quel est le pays par lequel vous pensez être surpris dans les 10 prochaines années en termes de consommation ou de production de vin ?

JM : Je ne serai pas surpris de voir la Chine passer à la vitesse supérieure bien entendu au niveau de la consommation mais également pour la production de vins ! Les chinois cherchent d’ailleurs à s’entourer de bons techniciens français pour les aider à développer leur vignoble…

GVP : Racontez-nous une anecdote amusante ou qui a marqué votre vie dans le vin ?

JM : C’est une anecdote plutôt amusante puisqu’en 2009, j’ai été sollicité pour faire une offre de vin à un particulier ! Cette offre aboutit à une commande assez importante…rien de particulier me direz-vous, sauf que le destinataire de la commande était un entraîneur de foot du championnat anglais à qui j’ai promis ma discrétion…

 

GVP : Les châteaux que vous gérez sont dans votre famille depuis longtemps. Quelle approche avez-vous de cette gestion et de ce côté familial ? 

JM : C’est effectivement la troisième génération qui poursuit et gère les propriétés ! Mon père nous laisse les moyens de moderniser notre outil de production…toutes les décisions sont prises en famille, sachant que nous avons tous le même objectif qui est de produire les meilleurs vins possible en restant accessibles aux consommateurs et amateurs de grands vins.

 

GVP : Avez-vous rencontré des difficultés lors du millésime 2013 ? Comment se sont passées les vendanges et les vinifications du millésime 2014 ?

JM : Comme pour beaucoup de viticulteurs, le millésime 2013 n’a pas été simple à mener à son terme… Les conditions climatiques n’ont pas été favorables pour l’élaboration de très grands vins mais comme je le disais précédemment, c’est aussi sur de plus petits millésimes que nous pouvons nous démarquer ! Il n’y a qu’à prendre le 2007 en référence, qui est un millésime longtemps boudé et particulièrement flatteur aujourd’hui !

Pour ce qui est du 2014, nous sommes très optimistes car le niveau qualitatif de chaque lot est très bon et homogène…En tant que technicien, la gestion des vendanges et vinifications a été un pur régal ! Seul le rendement est décevant dans la mesure où l’on obtient le rendement le plus bas de ces 20 dernières années… La photosynthèse de la plante a fonctionné à plein régime sur le mois de septembre, ce qui a provoqué beaucoup d’évaporation et de concentration (au profit de la qualité !).

 

GVP : Quel est votre défi principal actuellement en tant que propriétaire de château ?

JM : Notre objectif est désormais de développer notre marque et d’accroître sa notoriété, tout en gardant les pieds sur terre car nous produisons des vins de consommation et non de spéculation. Par ailleurs, nous allons achever en janvier prochain des travaux très importants de restauration de nos bâtiments d’exploitation et ainsi disposer d’une magnifique vitrine pour recevoir nos clients et distributeurs ainsi que les journalistes professionnels !

 

GVP : Sur les 10 prochaines années, quels changements voulez-vous apporter au Château ?

JM : Nous n’avons pas pour objectif de tout révolutionner… Nous avons fait de lourds investissements ces dernières années ! A nous de promouvoir la qualité de nos vins afin de devenir incontournable sur Saint-Julien.

 

GVP : Un souhait pour l’année 2015 qui approche à grand pas ?

JM : Une très bonne récolte et enfin généreuse… Cela redynamiserait l’économie du secteur !

GVP: Merci beaucoup, Julien Meffre pour vos réponses !

 

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