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Les plus grands producteurs de vins d’Amérique du Sud

Par GrandsVinsPrivés Le 20 septembre 2018

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Ils font partie des vins du nouveau monde. De définition, les vins du Nouveau Monde regroupe tous les pays producteurs de vin hors du continent européen. Les zones les plus célèbres se trouvent en Afrique du Sud, en Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande) et en Amérique (USA, Amérique du Sud). Zoom aujourd’hui sur l’Argentine, Le Chili, le Brésil, l’Uruguay, principaux producteurs de l’hémisphère sud du continent Américain.

 

L’Argentine : Le Pays du Malbec – 1er producteur Sud-Américain

La viticulture en Argentine fut initiée par les espagnols. C’est en 1557, pendant la colonisation des Amériques, qu’un certain Juan Cedrón apporta les premiers ceps de vigne à Santiago del Estero. La culture du raisin ainsi que la production de vin commença alors dans les environs. Elle s’étendit par la suite progressivement à d’autres régions du pays. Plus tard, des moines Franciscains (mouvement fondé par François d’Assise) introduirent des cépages français, ne souhaitant plus vinifier les cépages locaux.

Aujourd’hui, l’Argentine est aussi surnommé Pays du Malbec, cépage noir bordelais que l’on trouve surtout à Cahors et qui donne des vins rouges charpentés, tanniques, aux arômes de fruits noirs et d’épices. On le cultive essentiellement dans la région de Mendoza, connue pour ses vignobles situés à 900 et 1500m d’altitude. Cette région représente 70% de la production du vignoble Argentin.

Pour les blancs, c’est le cépage local Torrontès qui est majoritairement utilisé (sec, floral, ressemblant au muscat), suivi du Chardonnay. La majorité du vignoble est planté sur les contreforts de la Cordillère des Andes, et sont donc assez hauts. Ceci permet de produire des vins frais et agréables à boire. Certains raisins poussent même à 3111 mètres, ce qui en font les plus hautes vignes du monde.

 

 

Le Chili : La Superstar, 2ème producteur Sud-Américain

Depuis quelques années, le Chili est devenu l’un des plus importants producteurs mondiaux de vin. La viticulture est une longue tradition dans ce pays. Elle démarra à l’arrivée des conquistadors espagnols au 16ème siècle. Depuis, le savoir-faire chilien et un terroir de qualité ont permis à sa production de devenir l’une des meilleures du nouveau monde.

Les meilleurs vignobles de ce pays chaud bénéficient de l’influence rafraîchissante des brises marines venues du Pacifique. Ou encore de l’altitude, car de nombreux vignobles s’étendent le long des montagnes. Selon l’emplacement des vallées, on y cultive du Cabernet-Sauvignon, du Merlot, du Chardonnay, du Pinot Noir, du Sauvignon Blanc, mais aussi du Carménère, un vieux cépage bordelais très répandu au Chili. C’est un certain Silvestre Ochagavia, aristocrate, homme politique et œnologue chilien qui en 1960 introduit la plupart des cépages Bordelais.

De tous les pays producteurs de l’Amérique du Sud, le Chili est celui dont les vins arrivent à répondre aux normes de qualité internationale. Suivi de l’Argentine. Pour anecdote, ce sont les sommets de neiges éternelles  de la cordillère des Andes qui fournissent l’eau nécessaire pour abreuver la vigne. Car en effet, l’été, entre septembre et avril, il ne tombe pas une goutte de pluie. Les Incas avaient déjà compris le phénomène et mis au point un ingénieux système d’irrigation. Encore aujourd’hui, la moitié des vignes du Chili sont irriguées par ces eaux de fonte.

 

Brésil : Des vins rares – 3ème producteur Sud-Américain 

Le Brésil compte quelque 1100 vignobles, de taille très modeste pour la plupart. Il doit sa viticulture à l’immigration italienne de la fin du 19ème siècle. Ses produits sont par ailleurs quasi introuvables en France ! Une rareté justifiée par une médiatisation importante réalisée principalement autour des vins chiliens et argentins, mais également à la jeunesse de ses vignobles.

Il faut également dire que ni les terroirs ni le ­climat ne sont a priori favorables à la viticulture. Et pourtant, quelques grands vignobles y sont cultivés, dans la région du Vale do Rio São Francisco. On y retrouve essentiellement du Syrah pour les vins rouges, du Chenin, du Viognier et du Muscat pour les blancs.

Sous l’impulsion de jeunes vignerons, de nouveaux cépages sont en cours d’expérimentation. ­Notamment avec le soutien du laboratoire de l’Embrapa (l’entreprise brésilienne de recherche agro­pastorale), qui teste l’espagnol Tempranillo, l’italien Barbera et le français Petit Verdot. Mais aussi le Cabernet Sauvignon et le Ruby Cabernet, un croisement américain de Carignan et de Cabernet Franc.

Malgré ces efforts, la qualité reste très irrégulière dans cette région et les notions de terroir sont très différentes de celles de l’Ancien Monde. Ici, les vignerons ne sélectionnent pas les parcelles en fonction des caractéristiques du sol, mais plutôt en fonction des variations du climat. Ainsi, un même millésime peut produire des vins de styles très différents, selon l’époque de vendange.

 

L’Uruguay, pays de l’authenticité

Petit pays dans l’immensité du continent sud Américain, sa superficie équivaut à 1/3 de la France. 10 000 hectares sont dédiés à la viticulture. Les vignobles uruguayens s’étendent en majorité le long d’« El rio de la Plata », immense fleuve frontière entre l’Uruguay et l’Argentine. Plus au nord, la province de Salto exhibe fièrement des vignobles dont les vins sont régulièrement primés dans les concours mondiaux.

C’est au 19ème siècle que la vigne fut implantée grâce aux immigrants européens. Notamment grâce à un certain Monsieur Harriague originaire du pays basque, qui en 1874 ramena le cépage emblématique du sud-ouest français : le Tannat.

Le Tannat uruguayen présente peu de similitude avec son cousin français. Ce cépage, connu pour être difficile à travailler, nécessite souvent plusieurs années de garde pour s’exprimer. Pourtant, les vins de tannat en Uruguay s’apprécient très facilement dans leur jeunesse. Comme en France, le Tannat est riche en tanins et en alcool. Il n’est donc pas rare que les vins d’Uruguay dépassent les 14%.

Le pays qui compte environ 300 bodegas, nom donné aux domaines viticoles et aux caves, a su rester sur une échelle de travail très familial. Pas de vendanges mécaniques, pas d’immenses cuves de fermentation et d’industrialisation du vin à outrance.

Les viticulteurs uruguayens s’affairent pour donner une meilleure visibilité à leurs vins. Récemment « La route des vins en Uruguay » afin de s’ouvrir à l’oenotourisme.

Les vins de notre cave

 

Après la théorie, la pratique !  Nous sommes donc passés aux choses sérieuses en dégustant 3 vins :

 

Premier arrêt au Chili où nous avons eu rendez-vous avec un : Clos Perdiz – Chardonnay Viognier 2016. Agréable surprise dès le nez qui s’ouvre sur des notes de citron vert et de melon. La suite est tout aussi agréable avec une bouche vivifiante, pleine de fraîcheur où là encore les arômes d’agrumes, typique du Chardonnay reviennent. Un seul mot : Délicieux !

 

Nous avons ensuite fait une escale en Argentine. Belle entrée en matière avec le Casarena Estate Malbec 2016. Un vin structuré issu de l’appellation Mendoza. Enchantement dès l’œil avec une robe rouge violacée aux reflets magenta, caractéristiques du cépage Malbec. Au nez un bouquet d’arômes fruités et floraux accompagnés de subtiles notes de cacao et de cuir. En bouche, du fruit et encore du fruit, mûres et prunes pour une finale grandiose.

 

Enfin notre périple s’est arrêté en Uruguay, à la découverte du Bouza – Pan de Azucar 2013. Un assemblage de Mourvèdre, Syrah, Grenache, Carignan qui dévoile une robe d’un rouge soutenu accompagné de notes de raisins secs et de prunes. En bouche des touches fruitées et onctueuses de vanille et de mûres. Complexité, élégance et équilibre assuré.

 

 

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